Nos objectifs

Née en 1976, l’APDES avait comme but de soutenir et de développer le métier d’éducateur spécialisé, méconnu du grand public à cette époque. En 1989, un colloque à succès intitulé « Educateur, agent de changement » se déroulait à la Marlagne (Wépion) ; il avait débouché sur de nombreuses affiliations à l’APDES, ainsi que sur une organisation plus efficace de l’Association : constitution en ASBL, publication des statuts au Moniteur, mise sur pied d’un nouveau conseil d’administration, ….

Malgré la loi du 29 avril 1994, qui entendait valoriser le métier en protégeant le titre « d’éducateur- accompagnateur spécialisé » et non en protégeant l’exercice de la profession(1), il semble qu’une ambivalence profonde reste : à la fois, on (la société, les pouvoirs publics,…) estime qu’un service doit être rendu de manière valable et, en même temps, on laisse le métier destiné à rendre principalement ce service dans un statut en souffrance »(2).

Prise dans les aléas des conflits de compétence entre les différents niveaux de pouvoirs que la Belgique connaît, cette loi a été abrogée en partie en 1997. Au même moment, l’APDES s’essoufflait, faute de forces vives, pour finalement entrer en veilleuse jusqu’à aujourd’hui(3).

Parce que le statut de l’éducateur spécialisé reste en souffrance, parce que de nouvelles questions se font jour sur la place des éducateurs spécialisés dans les différents secteurs où ils travaillent, aujourd’hui, sous l’impulsion de Form’Educ, l’APDES ressort de l’ombre après ces quelques années d’’absence. Un groupe d’éducateurs de terrain se réunit depuis quelques mois pour battre le rappel afin de réunir un maximum de professionnels.
Le but est d’interpeller notre société et nos pouvoirs publics quant à la responsabilité qui leur incombe à maintenir un flou artistique. Ce flou ne permet pas à notre métier de prendre la place à laquelle il a droit dans le travail pluridisciplinaire des secteurs du socio-éducatif.

Concrètement :

Notre métier est sans cesse en mouvement, il nous semble nécessaire de pouvoir centraliser ces nouveautés et prendre la température du monde social dans ses nouveaux aspects, ses nouvelles formes et ramifications afin de pouvoir nous positionner à partir des points de vue que notre métier nous donne. Qui mieux que nous-mêmes, connaissons notre travail et reconnaissons son importance ? Mais avouons-le : nous sommes les premiers à minimiser nos interventions qui se résument souvent à des actes d’une très grande banalité vus de l’extérieur, donnant l’’impression qu’’ils peuvent être exercés par n’’importe qui (…).(4)

Se réunir, débattre, échanger, partager, lever des tabous et se soutenir, seront au programme de l’APDES.

Nous souhaitons baliser une formation, une profession, une action encore fort méconnue et lui assurer un avenir spécifique dans le paysage social.

L’APDES se veut un lieu de représentation des éducateurs spécialisés. Elle se veut un lieu où une identité commune, avec les multiples facettes du métier, peut se construire et s’’unifier. On le sait, c’est l’appartenance à un groupe et la construction d’un discours collectif sur un métier qui permet sa lisibilité et qui donne une légitimité à ses actions.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

D’autres missions et objectifs doivent encore être définis en lien avec notre volonté de valorisation du métier et d’’amélioration de son exercice. Nous avons cependant quelques pistes : soutenir la formation, l’information, la rencontre et le partage de pratiques, etc.

Notre but :

contribuer à fixer les contours de cette profession et promouvoir la spécificité d’’acteurs relationnels le plus souvent de première ligne et inscrits dans la quotidienneté. Au-delà de la reconnaissance du métier, nous avons aussi un rôle politique à tenir, ne fut-ce que parce que nous sommes un baromètre précis des réalités sociales.

Nous sommes fiers de notre métier et nous tenons à le partager.

1) DAVAGLE, M., « Le Statut de l’éducateur-accompagnateur spécialisé : une boîte vide! » in L’Observatoire, n°63, 2009, p40.
2) RENARD, E., « Educateurs Spécialisés : Quelles reconnaissances pour la profession? » in L’Observatoire, n°63, 2009, p45.
3) Isolé, son secrétaire Jean Hinnekens avait heureusement fait le nécessaire pour maintenir la vie « légale » de l’APDES.
4) GABERAN, P., Cent Mots pour être éducateur, Paris, Erès, 2007.

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